En images : l’île de la Cité, du Moyen-Âge à nos jours

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La pointe de l'île de la Cité avec vue sur Notre-Dame © Hamilton, Gallica, BNF

À quoi ressemblait l’île de la Cité au Moyen-Âge ? Comment cette petite île centrale de Paris a vécu les transformations haussmanniennes ? Que sont devenues les vieilles maisons médiévales ? On plonge en images dans le passé de l’île la plus connue de la capitale !

Coeur historique de Paris, l’île de la Cité a bien changé au cours de ses 2000 ans d’existence. Si ses plus grands monuments – la Cathédrale Notre-Dame, la Sainte-Chapelle ou encore la Conciergerie – sont vieux de plusieurs centaines d’années, ce n’est pas le cas de toutes les rues de cette île qui a évolué au rythme des changements de rois, de régimes et de siècles. On découvre l’Île de la Cité à travers les âges !

L’Île de la Cité à la fin du Moyen-Âge

La photographie n’existe que depuis la fin du XIXe siècle, mais de nombreux peintres et dessinateurs ont donné vie, en dessin, à l’île de la Cité, dès le Moyen-Âge. Désignée dès 1190 comme « la tête, le cœur et la moelle de Paris », l’île est alors tout simplement appelée « la Cité », en opposition à l’Université – l’actuelle rive gauche qui accueille alors le centre universitaire géré par l’Église – et la Ville – l’actuelle rive droite où habite principalement le peuple. Notre-Dame, la Sainte-Chapelle ou encore la Conciergerie sont déjà là, mais les rues, étroites et pavées, sont très irrégulières. Quant aux maisons, elles sont relativement hautes et à pignon.

Miniature tirée du manuscrit Passages d’Outremers de Sabastien Mamerot montrant l’Île de la Cité au XVe siècle. © Gallica, BNF
L’île de la Cité vers 1552, sur le plan Truschet et Hoyau dit plan de Bâle

L’Île de la Cité du XVIIe siècle au début du XIXe siècle : l’heure des premières transformations

La première grande transformation vécue par l’île de la Cité remonte au XVIIe siècle lorsqu’Henri IV décide de détruire ce qui se trouve à la pointe sud de l’île pour y installer une place royale en l’honneur de son fils, futur roi Louis XIII, la place Dauphine. Le reste de l’Île est légèrement modifié au cours des XVIIe et XVIIIe siècles : on ajuste les immeubles en les ré-alignant, on impose l’utilisation de la pierre ou du plâtre et les maisons à pignons commencent à disparaître.

L’île de la Cité au XVIIe siècle, vue du Pont Neuf, cosntruit à la fin du XVIe siècle. On remarque plusieurs clochers d’églises, aujourd’hui disparues © Israël Sylvestre, Gallica, BNF
Le Pont Neuf et le quai des Grands Augustins au XVIIe siècle ; à gauche, on y voit l’île de la Cité © V.J. Nicolle, gallica, BNF
Vue de l’île de la Cité en 1771, depuis le Carrefour St Germain l’Auxerrois © Auteur inconnu, Gallica, BNF
Démolition de l’église Saint-Barthélemy en 1791 © Pierre-Antoine Demachy, Musée Carnavalet
Plan du quartier et de l’île de la Cité par Jean-Baptiste Scotin au XVIIIe siècle © Gallica, BNF

L’Île de la Cité au XIXe et XXe siècle : l’île fortement modifiée par les transformations haussmanniennes

Les premières heures du XIXe siècle assez tranquilles pour l’Île de la Cité qui ne subit pas de modifications majeures : quelques rues trop étroites sont remplacées, les quais sont améliorés afin d’éviter les inondations, mais le visage de l’île ne se modifie pas beaucoup.

Vue de l’île de la Cité depuis le pont Saint-Louis au début du XIXe siècle © Dagnan, Gallica, BNF
Établissement de la nouvelle statue de Henri IV en 1818 © Gallica, BNF
La pointe de l’île de la Cité avec vue sur Notre-Dame en 1827 © Hamilton, Gallica, BNF

Une tranquillité qui ne dure pas bien longtemps… Quand Haussmann et Napoléon III entament leur immense transformation de la capitale au milieu du XIXe siècle, l’île de la Cité est au coeur de tous les débats : le projet prévoit de raser quasiment toutes les constructions de l’île et de ne conserver que les monuments les plus importants !

La rue Basse-des-Usins avant le percement de l’actuelle rue d’Arcole, par Charles Marville vers 1865
La partie de la place Dauphine qui n’a pas été conservée par Haussmann, par Charles Marville vers 1865

Toute la partie comprise entre le palais de Justice et la cathédrale Notre-Dame est rasée ainsi que plusieurs centaines de maisons et la plupart des églises de l’île (qui en a compté jusqu’à 23 !). Le cloître Notre-Dame, situé entre la rue d’Arcole et le quai aux Fleurs, est heureusement épargné. Une chance que l’on mesure encore aujourd’hui quand, au détour d’une rue, on découvre une petite voie étroite qui nous rappelle l’Île de la Cité médiévale.

La rue des Chantres à l’angle avec la rue des Ursins, peu avant la destruction de la flèche de Notre-Dame, que l’on voit au fond. Le lieu a conservé son étroitesse médiévale. © Valeriy Eydlin
Le panorama de l’Île de la Cité peu avant l’incendie qui a ravagé la Cathédrale Notre-Dame © Andrea Paggiaro

C.R