Grâce à Flyview, j’ai survolé Paris

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Comme chantait Daniel Balavoine, moi aussi, « j’aimerais bien être un oiseau ». Alors quand on m’a proposé de tester l’expérience Flyview, qui associe simulateur de vol et réalité virtuelle pour une visite de Paris vue du ciel, j’ai dit oui tout de suite ! 

Au 30 rue du 4 septembre (75002), en avril dernier, un aéroport pas comme les autres à ouvert ses portes. D’ailleurs, le petit écran annonçant les départs est formel : mon vol, celui de 11h36 est à l’heure ! Anne-Laure, l’instructrice, sourire franc, polo à manches longues bleu ciel à galons noirs et blancs (comme une vraie hôtesse !) nous invite au sous-sol, dans une petite salle d’embarquement sans fenêtre. Elle explique avec un ton enjoué en quoi consiste Flyview, cette expérience unique au monde pensée par Arnaud Houette. L’ingénieur de 55 ans rêvait d’inventer « un truc qui n’existait pas, beau et si possible intelligent ».

Si la réalité virtuelle s’est déjà bien intégrée dans le paysage du gaming français, les niches d’usages sont encore nombreuses. Et ça, le fondateur de Flyview l’a bien compris. En remplaçant les images de synthèses par de vrais plans de Paris, tournés en drone, il donne une nouvelle dimension au tourisme. Une visite insolite, au plus près des nuages.

Je ne suis pas sujette au vertige, mais j’appréhendais un peu d’avoir « le mal de l’air ». Anne-Laure me rassure, « si ça ne va pas, vous n’avez qu’à retirer votre casque. » Des consignes de vol sont données grâce un petit écran, sur fond de musique d’aventures à la Pirate des Caraïbes. Puis la pétillante instructrice derrière son pupitre enchaine : « pour ce qui est du nombre de jetpacks qui ne reviennent jamais à la base et bien… » elle arbore un sourire énigmatique et chuchote presque « la compagnie n’a pas voulu me fournir ce genre de chiffres. » Le petite groupe de passagers du jour s’esclaffe. La mise en scène est légère, bien réalisée ; mon appréhension s’envole.

Dans une des deux salles éclairées de néons que composent ce complexe de 1000 mètres2, se trouvent 24 jetpacks (plus une place réservée aux personnes en fauteuil roulant). Les appareils, imposants, blancs avec une structure en métal, ont été créés de toute pièces pour le projet. Une fois attachée, debout sur la machine, je mets mon casque de réalité virtuelle. Bien que ce soient « les meilleurs du marché actuel », Anne-Laure nous a prévenu : « Ils ne rendent pas justice à la qualité de nos images ». En fait, les casques de VR ne sont pas encore adaptés à la réalité. Le concept Flyview est en avance sur son temps.

© Flyview

Ça y est, les turbines se mettent en route, la machine vibre et je sens que je m’élève. Le toit s’ouvre au dessus de ma tête, un vent léger s’infiltre dans mes cheveux et soudain, la ville Lumières s’étale sous mes pieds. C’est assez bluffant ! Alors qu’Edith Piaf entame une ode à Paris, je survole les Champs Elysées, bondés en cette belle journée d’été (les images ont été tournées en août 2016) et puis la machine s’emballe, dans la salle quelqu’un crie de surprise. Tout s’accélère, comme si j’entrais dans une faille spatio-temporelle et PAF, en un clin d’oeil, je surplombe un autre quartier de la ville.

Je frôle la Seine au coucher du soleil, un couple me salue sur le Pont des Arts, je surplombe Notre Dame de Paris, majestueuse, m’immisce entre ses tours… A tout moment j’ai l’impression qu’un Casimodo en chair et en os va surgir de derrière une gargouille ! Mais le plus impressionnant, c’est l’ascension de la Dame de Fer. Le jetpack monte doucement, je m’y accroche un peu plus fermement… Arrivée presque au sommet, je prends une grande inspiration et me risque à regarder en bas. La hauteur est vertigineuse, j’en ai des frissons ! Mais surtout j’ai le sourire, tout au long de l’expérience.

© Flyview

Il aura fallu trois ans, 7 millions d’euros, une dizaine d’entreprises françaises et de la persévérance , afin obtenir les droits de tourner les images, pour que Flyview voit le jour. Moi, pendant 13 minutes, j’ai pu réaliser mon rêve : voler ! Et à en croire les 55 000 personnes venus s’envoyer en l’air  sur un jetpack lors des cinq derniers mois (dont 20% de touristes), je ne suis pas la seule à avoir été emballé.

  • Tarif UNIQUE  : 15€ ou pack FAMILLE (2 adultes + 2 enfants jusqu’à 12 ans) 
  • A partir de 1m20
  • Ouvert 7j/7 toute l’année
  • Réservation en ligne