La question de la semaine : Pourquoi appelle-t-on Paris la « Ville Lumière » ?

Parmi les nombreux surnoms dont Paris a hérité au fil des siècles, celui de « Ville Lumière » est sans aucun doute le plus persistant. Est-ce parce que la ville est mieux éclairée que les autres capitales mondiales ? Parce qu’elle a vu s’épanouir de nombreux philosophes des Lumières ? Ni l’un ni l’autre !

En réalité, ce surnom est antérieur au développement de l’électricité et même au siècle des Lumières : selon la plupart des historiens, son origine remonterait au règne de Louis XIV et plus précisément à l’année 1667. Cette année-là, le patron de la police parisienne, Nicolas de La Reynie, fait face à un problème de taille : la criminalité nocturne est galopante à Paris et les attaques sur les passants se font de plus en plus nombreuses et de plus en plus violentes à la nuit tombée.

Pour endiguer cette tendance, il décide donc de munir les rues parisiennes d’un éclairage public pendant les nuits d’hiver, de novembre à mars. Avant cela, le seul moyen de s’éclairer au cours d’une balade nocturne dans Paris était de se promener avec sa petite lanterne ou espérer tomber sur l’un des quelques « veilleurs de nuit » missionnés par la police pour sécuriser les passants.

Près de 7000 flambeaux et lampions fonctionnant avec des bougies sont ainsi placés sur les façades situées aux extrémités des grands axes parisiens et il est demandé aux habitants des plus petites voies de mettre des bougies et des lampes à huile sur le rebord de leurs fenêtres. Le premier éclairage public au monde venait de naître dans la capitale… qui devenait par la même occasion la première « Ville Lumière » !

Ce surnom continuera de prospérer au fil des siècles, notamment grâce à l’installation dans les rues de Paris des premiers réverbères à huile en 1776, puis grâce à l’Exposition universelle de 1889 qui fera de Paris, au moins pour quelques mois, le centre mondial de l’électricité et de la lumière.

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