La question de la semaine : Pourquoi les toits de Paris sont gris ?

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Song_about_summer / Shutterstock.com
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Les toits de Paris font partie intégrante du paysage urbain de la capitale et participent à son caractère unique, immédiatement identifiable. Mais pourquoi leur couleur est grise, alors que la plupart des toits français sont en terre cuite et possèdent une couleur orange ? On décrypte cette petite particularité pour vous !

Qui ne se souvient pas de Belmondo galopant sur les toits de la capitale dans Peur sur la ville (1974) ? Au même titre que les immeubles haussmanniens et les ruelles de Montmartre, les toits gris de Paris sont emblématiques de la capitale… Et cela pour une bonne raison : depuis leur apparition au milieu du XIXe siècle, ils représentent plus de 70% de tous les toits parisiens.

On vous racontait la semaine dernière comment, dans les années 1840, Napoléon III et le baron Haussmann avaient modifié en profondeur l’apparence de la capitale en prenant Londres pour exemple. Eh bien sachez que c’est à cette époque que les toits gris de Paris trouvent leur origine, pour un motif qui n’a rien à voir avec l’esthétique : en cette période de transformation massive de la capitale, le baron Haussmann cherche simplement à réduire les coûts et à faciliter les chantiers qui se multiplient à Paris !

Pas cher, plus léger que les charpentes en bois recouvertes de tuiles, facile à découper et à installer, très efficace contre les infiltrations d’eau, le zinc est le matériau idéal pour recouvrir les toits des nouveaux immeubles construits à cette époque. Mieux, ce matériau ultra moderne possède une faible densité et peut facilement être courbé, ce qui permet de créer de nouveaux espaces habitables sous les toits : grâce à ce matériau, les chambres de bonne sous mansarde voient le jour !

Représentation des toits parisiens par Vincent Van Gogh au printemps 1886 – Musée Van Gogh, Amsterdam © Domaine public

L’autre matériau caractéristique des toits de Paris est l’ardoise : un peu plus foncé que le zinc et utilisé depuis plus longtemps, ce matériau coûte aussi plus cher, pèse plus lourd et est plus compliqué à installer. Il s’est donc moins démocratisé et n’est présent que sur les toits des immeubles les plus bourgeois de Paris.

Aujourd’hui encore, les artisans couvreurs-zingueurs parisiens sont réputés à travers le monde et  leur savoir-faire traditionnel est répertorié par l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France depuis 2017. Depuis plus de 150 ans, ils préservent amoureusement nos toits, devenus avec le temps un patrimoine architectural unique au monde. Au point que cette immense forêt grise prétend depuis quelques années à une inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO !

C.R