Le jour où… 200 squelettes ont été retrouvés sous un Monoprix parisien

Ce n’est pas le genre de découvertes que l’on imagine faire en plein Paris, et encore moins alors que l’on entame de simples travaux d’agrandissement pour un commerce. C’est pourtant ce qu’il s’est passé en janvier 2015 : près de 200 squelettes oubliés depuis des siècles ont été retrouvés… sous un Monoprix !

Comment tant de squelettes humains ont-ils pu rester là pendant des siècles, au beau milieu de Paris, sans que personne ne se rende compte de rien ? C’est la question qu’ont dû se poser les archéologues de l’Inrap qui ont effectué, en janvier 2015, cette étonnante découverte. Alors que le Monoprix Réaumur-Sébastopol, situé non loin du Musée des Arts et Métiers, s’apprêtait à démarrer des travaux de réaménagement, une équipe de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) a été appelée sur place afin de procéder à des fouilles préventives. En effet, il est d’usage, lors de travaux privés ou publics de grande envergure, d’entamer au préalable des recherches archéologiques si l’on sait que la parcelle de terrain présente un intérêt historique réel.

Or ce coin de la capitale a accueilli, entre les années 1200 et la fin du XVIIe siècle, l’un des plus grands cimetières de Paris, celui de l’Hôpital de la Trinité, aussi appelé Cimetière de la Trinité. Les archéologues espéraient donc trouver quelque chose, mais ils ne s’attendaient pas à découvrir une quantité aussi importante de squelettes : plus de 200 corps répartis dans huit fosses communes, dont l’une regroupant près de 150 défunts !

La fosse commune principale retrouvée sous le Monoprix parisien © Denis Gliksman / Inrap

Dans cette grande fosse commune, ce sont des squelettes d’enfants, d’hommes et de femmes de tous les âges qui ont été retrouvés et aucun ne présentait de lésion ou de signe de maladie permettant d’identifier une éventuelle cause de décès.

Quelques uns des squelettes retrouvés dans la fosse commune située sous le Monoprix Réaumur-Sebastopol © Denis Gliksman / Inrap

Le nombre important d’individus retrouvés, le fait qu’ils semblent tous être décédés à la même date et la façon dont les squelettes ont été entreposés (soigneusement, mais dans une fosse commune) poussent les experts à penser qu’ils ont péri lors d’un événement brutal causant la mort à grande échelle. Il pourrait alors s’agir d’une famine ou d’une épidémie, voire de la Grande Peste de 1348 qui, en quelques mois, a tué un tiers de la population parisienne. En tout cas, une chose est sûre : ces squelettes nous viennent tout droit du Moyen-Âge et n’étaient pas attendus en si grand nombre !

C.R

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