Le Paris de Prévert

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Les enfants du paradis 1946 Real Marcel Carne Arletty Louis Salou. Collection Christophel / RnB © Societe Nouvelle Pathe Cinema
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Dans ce Paris « tout petit », Jacques Prévert déambule. Il arpente les moindres recoins de la ville Lumière qu’il affectionne. À l’occasion du 40e anniversaire de sa mort, Carole Aurouet, maître de conférence à l’université de Paris-Est-Marne-la-Vallée et spécialiste de Prévert, nous fait découvrir le Paris du poète à travers les lieux qu’il a fréquentés et ceux que l’on retrouve dans son œuvre.

UN LIEU REPÈRE: LE JARDIN DU LUXEMBOURG

Dans son enfance, Prévert a beaucoup déménagé, tout en restant toujours dans le périmètre du jardin du Luxembourg. Non pas mauvais élève mais en tout cas très peu scolaire, le jeune Jacques se sauve dès qu’il le peut et retrouve son terrain de jeu favori. Il y passe également bon nombre de ses vacances. Dans les allées du jardin, il se rêve indien dans le désert, chevauche des ânes, joue avec une petite fille qui s’appelle Simone et qu’il épousera plus tard, s’étonne que seuls les pigeons ont le droit de marcher sur l’herbe et se sent triste quand retentit le tambour indiquant la fermeture du jardin.

UN LIEU IMPORTANT: L’ANCIENNE BOUTIQUE DE PEAUX DE LAPIN

Au retour de son service militaire à l’âge de 22 ans, Prévert participe au mouvement surréaliste. Avec son frère Pierre Prévert, son ami Yves Tanguy et Marcel Duhamel rencontré pendant son service, ils emménagent ensemble au 54 rue du Château dans le 14e arrondissement, dans une boutique de marchands de peaux de lapin. L’endroit devient alors un haut lieu du surréalisme. Prévert n’écrit pas, mais lit beaucoup. Il côtoie peintres, réalisateurs et écrivains. Plutôt mauvais garçon, il est le roi de la déconnade et de la castagne. Le lieu est à son image : déjanté. Dans la pièce commune, par exemple, un aquarium de sable abrite des couleuvres et au dessus de celui-ci vivent des rats blancs ! Si la rue existe toujours, le lieu a disparu suite aux travaux de la gare Montparnasse.

UN LIEU RÉVÉLATEUR: SAINT-GERMAIN-DES-PRÈS

Après la guerre, Saint-Germain-des-Près devient le centre du monde littéraire. Les cafés sont le point de rencontre des auteurs et éditeurs, qui y côtoient les artistes. Le Flore, Les Deux Magots et la brasserie Lipp sont les trois piliers du boulevard Saint-Germain. Prévert fait bien sûr partie de ce petit monde. Très vite, il devient même un personnage central de Saint-Germain et est repéré par un éditeur, René Bertelé. En 1946 il publie son premier recueil de poésies, Paroles, un pavé dans la marre littéraire abordant des problèmes du quotidien et prenant pour cible l’armée, la religion, les bourgeois, les capitalistes… En une semaine, 5 000 exemplaires sont vendus. Au bout d’un an, 25 000 ont été achetés. Les compositeurs et interprètes adorent ses écrits, ils s’en saisissent alors, les mettent en musique et les chantent.

UN LIEU REFUGE: LA CITÉ VÉRON

S’il a été toute sa vie assez nomade dans Paris, Prévert s’établit tout de même avec sa femme Janine et sa fille Michèle,en 1955, au 6 bis, cité Véron dans le 18e arrondissement. Son nouveau logement se trouve être d’anciennes loges de danseuses du Moulin-Rouge que l’architecte Jacques Couëllle a transformées en un appartement au caractère provençal : tomettes au sol et mur blancs aux formes arrondies. Il partage une grande terrasse avec l’appartement voisin occupé par Boris Vian et devient un haut lieu de la Pataphysique (« science des solutions imaginaires »). Si dans les années 1970 et jusqu’à sa mort en 1977, Prévert délaissera quelque peu la capitale pour la Normandie, il reviendra ponctuellement cité Véron, son dernier domicile parisien.

DANS SES OEUVRES

Un lieu de vie: Le boulevard du Temple dans Les Enfants du paradis, appelé dans le film « boulevard du Crime ». Bordés de théâtres où se jouaient de nombreux mélodrames, c’est tout naturellement que ce lieu emblématique du film est appelé ainsi tant le nombre de crimes joués sur les planches était important.

Un lieu populaire: La station de métro Barbès-Rochechouart dans Les Portes de la nuit, qui a en réalité été filmé en studio dans un décor reconstitué. Prévert emmène les spectateurs dans un paris des gens et non un Paris des cartes postales.

Tout Paris: La capitale est partout dans son œuvre littéraire.

Découvrez le livre écrit par Carole Aurouet : Prévert et Paris. Promenades buissonnières, Parigramme, 14,90€.

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