Paris : légendes et mystères effrayants

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© Maryolyna
© Maryolyna

On peut être la plus belle ville du monde et tout de même posséder quelques sombres secrets. Des lieux mystiques qui font froid dans le dos, on en dénombre quelques-un dans la capitale. Voici leur histoire…

La Villa hantée de l’avenue Frochot :
Cet hôtel particulier du 9ème arrondissement, construit en 1823 dans le style néo-gothique, possède un lourd passé. La légende raconte que la villa serait habitée par le fantôme d’une femme de chambre qui travaillait là. Au début du 20ème siècle, un drame épouvantable s’y est produit. Le propriétaire de l’époque, qui n’était autre que le directeur des Folies Bergères, a retrouvé le corps de sa servante dans les escaliers. Elle a été sauvagement assassinée à coups de tisonnier par un mystérieux bourreau que la police n’a jamais retrouvé. Depuis, les voisins sont formels : quelque chose de bizarre se passe dans cette maison.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. La maison hantée serait, du coup, maudite ! Sylvie Vartan, qui avait acheté la demeure, l’a soudainement quittée, sans explication. Le propriétaire qui lui a succédé, Mathieu Galey, un écrivain français est décédé en 1986 à l’âge de 51 ans de la sclérose latérale amyotrophique (maladie qui paralyse le corps petit à petit)… Tandis que le compositeur Victor Massé mourut d’une sclérose (lui aussi) en plaque en 1884, dans cette même maison !

Vue de l’extérieur, la villa n’a rien perdu de sa splendeur © Marie-José Monéger

Le fantôme de l’Opéra Garnier :
La légende la plus connue remonte à 1878. Un soir, un feu démarre au Conservatoire de la rue Le Peletier (75009). Une jeune ballerine décède dans l’incendie tandis qu’un pianiste, son fiancé, s’en sort défiguré. Monstrueux et fou de chagrin, il aurait trouvé refuge dans les sous sol de l’Opéra Garnier (en construction à cette époque), où il aurait vécu jusqu’à son décès. On dit qu’il hante désormais les lieux, habite la loge numéro 5 (sur la porte de laquelle une plaque a même été installée) en se nourrissant des poissons du lac souterrain du Palais.

Mais ça n’est pas tout ! Le 20 mai 1896, dans l’Opéra Garnier, le grand lustre de la salle se décroche et tue un spectateur pendant une représentation du Faust de Gounod. On dit que le spectateur était assis à la place numéro 13… Par ailleurs, une danseuse aurait chuté d’une galerie sur la 13ème marche du grand escalier, décédant sur le coup. Et pour ne rien gâcher de ce mythe là… L’Opéra Garnier serait la 13ème salle de spectacle construite à Paris.

Depuis plus de 100ans, le fantôme de l’Opéra observe les spectacles de sa loge préférée…

Le gitan/sorcier de la rue Bièvre :
Au début de la Seconde Guerre mondiale, se trouve, au numéro 2 de la rue de Bièvre (75005), un vieux bistrot mal famé. On découvre le patron poignardé derrière son comptoir. C’est Valentin, jeune vigneron de province qui hérite du « Père Hubert ». Un jour, il découvre sa femme, attablée avec un gitan en train de lui tirer les cartes. L’homme fascine Paulette. Possessif, le vigneron finira par chasser l’homme à l’aide de son chien. En partant, l’individu marmonne quelques propos incompréhensibles, tout en agitant sèchement ses mains en direction de l’animal. Celui-ci mourra dans les jours qui suivirent après une méchante pelade (il perdit ses poils et ses dents). Quinze jour plus tard Valentin mourut lui aussi.

Paulette serait partie aux bras du gitan et la bâtisse aurait commencé à se fissurer… En 1943, le bistrot est à l’abandon, dans un piteux état. Les allemands décident de le faire raser… Les six ouvriers qui, à l’époque, ont travaillé sur le chantier auraient commencé à sentir des démangeaisons et des douleurs dentaires. Tous travaux ont été stoppés. 70 ans après, personne n’a osé racheter le terrain, qui reste abandonné (seul un sapin, gigantesque, demeure) bien qu’il soit dans un des quartiers les plus prisés de Paris.

Capture d’écran du 2 rue de Bièvre, où le portail du terrain reste fermé sur une friche… et un arbre !

Les serrures diaboliques de Notre Dame :
Au 14ème siècle, la cathédrale Notre Dame de Paris est sur le point d’être inaugurée. Un jeune forgeron nommé Biscornet accepte de fabriquer les serrures des portes latérales de la cathédrale, mais la tâche est immense ! Il paraissait impossible que le jeune homme accomplisse le travail à temps… Pourtant, le jour J, les ferronneries sont bel et bien là, installées sur les portes, sublimes… Mais Biscornet, lui, a disparu. Et impossible de pénétrer dans la cathédrale ! Les serrures sont bloquées. On raconte que les portes ne s’ouvrirent qu’une fois badigeonnées d’eau bénite.

Le mythe est né ainsi : le travail de forge était si fin, la technique si fantastique qu’il paru impossible que Biscornet ait pu le réaliser seul. Les gens ont commencé à raconter qu’il aurait signé un pacte avec le diable : son âme en échange des plus belles serrures qui soient…  En 1843, quand Eugène Viollet-Le-Duc entreprend la restauration de Notre Dame, il est lui-même étonné de la splendeur de la réalisation de Biscornet ! Il est très difficile de réaliser, même de nos jours, un chef-d’œuvre aussi remarquable… Si vous êtes curieux, seule la porte latérale de gauche, qui donne sur le parvis, conserve les ferronneries d’origine.

Sublime porte forgée de Notre Dame © echodelenclume

Les barbier et pâtissier fous de l’île de la Cité :
Même siècle, autre quartier : l’île de la Cité. Tout le gratin parisien se bouscule dans la pâtisserie de la rue des Marmousets (désormais connue sous le nom de rue Chanoinesse) pour acheter ce qu’on dit être les meilleurs pâtés de Paris. On dit que même le roi Charles VI en était un grand amateur ! La recette secrète du pâtissier ? De la viande d’étudiants ! En effet, on raconte que son voisin, barbier, attirait les jeunes gens dans son échoppe, les égorgeait puis envoyait par une trappe les corps de ses victimes jusqu’à la cave du pâtissier, qui les stockait avant de les cuisiner.

Les deux compères furent démasqués en 1387 puis brûlés vifs. Leurs échoppes furent détruites. A la place aujourd’hui (aux numéros 18/20 de la rue) : un poste de Police. On vous conseille de demander à visiter le garage, vous risquez d’être surpris…

La rue des Marmousets en 1855

Les rois maudits :
Avez-vous déjà entendu parler des rois maudits ? Philippe le Bel est le premier d’entre-eux, et la cause des malheurs de toute sa dynastie. Décidé à renflouer les caisses de l’Etat, le roi veut dépouiller le très riche Ordre du Temple (célèbre ordre religieux et militaire issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge). Pour parvenir à ses fins, le roi ordonne, le 13 octobre 1307, que les Templiers soient mis en prison puis torturés. Le but ? Qu’ils confessent l’hérésie de l’Ordre.

Le 18 mars 1314, Jacques de Molay, grand maître des Templiers, est condamné au bûcher sur l’île Cité, Selon Geoffroi de Paris, témoin oculaire de l’événement et chroniqueur de l’époque, Jacques de Molay aurait crié à travers les flammes : « Je vois ici mon jugement où mourir me convient librement ; Dieu sait qui a tort, qui a péché. Il va bientôt arriver malheur à ceux qui nous ont condamnés à tort : Dieu vengera notre mort. » Philippe le Bel meurt huit mois plus tard d’une attaque cérébrale. Ses 3 fils décèdent tous prématurément sans laisser d’héritiers, mettant ainsi fin à la dynastie des Capétiens…

Tapisserie illustrant la mort de Philippe le Bel