Les bons tuyaux de Cloclo : le jardin de l’hôtel Heidelach

  • Pour quoi ? Une retraite zen, un après-midi
  • Ou ça ? 75016, métro Iéna

Parfois, on n’a pas besoin de partir au bout du monde pour être dépaysé(e). Parfois, il suffit de prendre le métro… Direction le 16ème arrondissement de Paris, pour une escapade zen pas comme les autres.

Vous avez toujours rêvé de Japon mais, passées les fêtes, votre porte-monnaie tourne de l’oeil à la simple pensée du pays du Soleil Levant et des 9 596 kilomètres qui le séparent de Paris ? Vous êtes fasciné(e)s par le bouddhisme et les bonsaïs ? Vous êtes en quête d’un moyen de vous recentrer sur vous-même qui n’implique pas une paire de legging et des positions aux noms farfelus (je parle de yoga, bien sûr) ? Moi aussi. Et j’ai trouvé la solution, là, sagement cachée dans le très chic 16 ème arrondissement de Paris…

Au 19 avenue d’Iéna se trouve un petit trésor, de ceux que Paris garde presque jalousement, dissimulés derrière portails et façades.

Connaissez-vous l’hôtel d’Heidelach ? Cet hôtel particulier d’inspiration néoclassique, construit  en 1913 (pour un couple de banquiers américains), par l’architecte René Sergent, (très célèbre à l’époque), a été racheté par le Ministère de l’Education Nationale en 1955 et confié au musée Guimet en 1991. C’est cette année là que le Musée national des Arts asiatiques – Guimet (ou Mnaag) a inauguré les Galeries du Panthéon bouddhique, dans l’hôtel Heidelach.

Mnaag © Christian Moutarde

En 2015, le Panthéon bouddhique est rapatrié dans le bâtiment principal du musée et, depuis juin 2017, l’hôtel (qui a été restauré) accueille un projet autour du thé et du mobilier. Mais ce qui nous intéresse ici, le VRAI dépaysement, se trouve à l’extérieur de l’hôtel… Le jardin japonais de l’hôtel est une merveille où l’on s’évade malgré soi.

Aménagé en 1991, il a été fermé, rénové et assaini récemment, pour réouvrir au printemps 2018, plus beau que jamais. L’espace, pensé par l’architecte franco-japonaise Agnès Latour-Kurashige et l’historien d’art Jean-Sébastien Cluzel, accueille bambous, bonsaïs, érables et cerisiers du japon, fougères, fontaines… Croyez-moi, quelque chose d’éminemment bienveillant et serein se dégage de cet endroit.

Cerisiers en fleurs, Meguro Canal, Tokyo © YP_photographer

  • On fait quoi ?

Rien.
Parce que ça fait vraiment du bien.
Et puis lorsqu’on a fini de rien faire, qu’on se sent relaxé(e), reconnecté(e) à l’écrin de nature qui nous entoure, on peut lire, méditer, dessiner…

Temple japonais, Eikan-do, Kyoto © Sergii Rudiuk

Ou tout simplement s’émerveiller devant le « chashitshu ». Cet adorable pavillon de thé, construit en 2001, a été dessiné par l’architecte Nakamura Masao. Les travaux ont été supervisés par le maître-charpentier Yamamoto Takaaki, et la qualité de l’ouvrage est reconnue jusqu’au Japon. De véritables cérémonies du thé y sont régulièrement célébrées.

Le pavillon de thé © Guimet

Ce pavillon incarne les quatre principes du « chanoyu », posés par le maître de thé Sen Rikuy et que tentent de suivre les pratiquants de ce qu’on appelle « La voie du thé » :

  • Wa (l’harmonie) C’est l’interaction positive qui existe entre l’hôte et l’invité durant une cérémonie du thé ou entre plusieurs personnes dans la vie. Elle apporte la paix.
  • Kei (le respect) C’est la capacité de comprendre et d’accepter les autres, y compris ceux avec qui nous pourrions être en désaccord. Durant la cérémonie du thé, l’hôte pense à l’invité et l’invité à l’hôte. Il faut traiter toutes choses et tout le monde avec le même respect.
  • Sei (la pureté) C’est la capacité de se traiter et traiter les autres avec un coeur pur et ouvert. C’est en fait l’essence de l’entrainement à la voie du thé. Avec un coeur pur, l’harmonie et le respect peuvent être atteints. 
  • Jack (la sérénité) C’est le point dans l’entraînement où le pratiquant atteint un certain niveau de désintéressement. Bien que d’un côté ce soit le but ultime, d’un autre, c’est à nouveau le commencement. À ce moment là, les possibilités infinies de la vie peuvent être réalisées.

Joli programme, non ?

Cérémonie du thé, Japon © Toa55

Les 450 mètres carrés de ce jardin caché et insolite sont, sans conteste, parmi les plus paisibles de Paris.

  • A savoir : L’hôtel Heidelbach et le Mnaag sont ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 17h45. / L’entrée est gratuite sauf en période d’exposition temporaire. / Le jardin est quant à lui ouvert de 13h à 17h.
  • Post Scriptum : j’ai choisi de ne pas mettre de photo du lieu (à part celle du pavillon), pour laisser tout le plaisir de la découverte à ceux qui souhaiteraient s’y rendre. Pour les autres, il y en a de très belles ici.

いってらっしゃい 

(ou comme on dit chez nous : bonne journée !)

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