Nikon Plaza : une exposition gratuite à ne pas louper !

Le Nikon Plaza, c’est le nouveau QG (parisien) des photographes qui diffuse des expositions digitales (entre autres).


C’est nouveau, c’est au 99 bd Raspail dans le 6e arrondissement de Paris et cela s’appelle le Nikon Plaza. Cette adresse unique à Paris permet à tous ceux qui le souhaitent de rencontrer des professionnels de la photo pour obtenir des conseils, de prendre des cours à la Nikon School, mais aussi d’acheter du matériel ou encore de découvrir des expositions à travers des écrans de télévision. Et en ce moment, le Nikon Plaza expose les oeuvres de Laurent Ballesta, biologiste, plongeur et photographe de renom qui explore depuis des années les fonds marins.

Fruit d’un travail de plus de quatre ans, l’exposition digitale 700 requins dans la nuit se compose de photos fascinantes de centaines de requins gris venus chasser en meute, au cœur de la nuit, dans un espace de reproduction à Fakarava (Polynésie française).

Ouverte au public jusqu’au 7 avril 2018 et entièrement gratuite, cette remarquable exposition n’attend que vous. En attendant d’y aller, découvrez l’interview exclusive de Laurent Ballesta.

Vivre Paris : En ayant un père postier et une mère laborantine, qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir photographe ?
Laurent Ballesta, photographe : Mes parents aimaient la plage, tout simplement, l’ambiance de farniente des plages, après leurs laborieuses semaines de travail… j’y passai donc beaucoup de temps dès les beaux jours, j’aurais pu m’y ennuyer mais les enfants ne s’ennuient jamais. j’y jouais avec mon frère, mes cousins, on bravait les interdits imposés par des parents qui ne savaient pas nager, on se prenait pour des aventuriers, pour des plongeurs de l’équipe Cousteau. Le jeu est devenu un métier. à 13 ans, j’ai pu entrer dans un club de plongée d’adulte et apprendre cette activité. la photo s’est vite imposée pour pouvoir prolonger la contemplation, et prouver à mon entourage que mes récits de plongée n’étaient pas le fruit d’une imagination délirante.

VP : Et pourquoi avoir choisi la vie sous-marine ?
LB : Gamin, j’étais fan de science-fiction, ces histoires d’explorateurs qui visitent de nouvelles planètes, rencontrent des extra-terrestres, mais j’ai vite compris que les vrais cosmonautes n’allaient pas très loin dans l’espace et ne rencontraient aucune créature. Sous l’eau, tout cela était possible : la même planète mais un tout autre monde rempli de créatures inimaginables et bien réelles à la fois. Accéder à cette vie sous-marine n’était pas une démarche anodine, c’était pour moi une véritable aventure. et ça l’est encore. Aventure et découverte, science et art, la vie sous-marine m’offre toutes ces possibilités passionnantes.

VP : Si vous deviez retenir qu’une seule photo, ce serait laquelle ?
LB : Une, c’est presque impossible. peut-être la « première » : la photo du petit gobie d’Andromède, ma première vraie découverte publiée à la fin de mes études universitaires. Un tout petit poisson, inconnu, jamais photographié auparavant, qui m’offrait un espoir immense, celui que je pouvais peut-être vivre de ma passion.

VP : La photo qui a été la plus difficile / dangereuse à faire ?
LB : Une plongée périlleuse pour l’époque en 2009 et 2010 au large des côtes mouvementées d’Afrique du Sud par 120m de fond : la photo de la première rencontre avec le cœlacanthe, le poisson venu d’un autre temps, celui que l’on croyait disparu depuis le crétacé, cette image a été décisive par la suite de ma carrière.

La plus difficile : les chasses des requins gris la nuit en Polynésie, mon travail photographique le plus abouti, qui m’a demandé 21 semaines de plongées nocturnes en 4 ans, et 85000 déclenchements pour un livre de 222 pages « 700 requins gris dans la nuit »

VP : La photo que vous rêveriez de faire (que vous n’avez donc pas encore faite) ?
LB : Celle du combat entre un cachalot et un calamar géant dans la pénombre des grandes profondeurs… un fantasme, même pas un rêve.

VP : La photo que vous aimeriez refaire parce qu’elle ne dégage pas ce que vous avez vécu/ressenti sous l’eau ?
LB : Ma rencontre totalement inattendue, adolescent, avec un troupeau de requins pèlerins, dont le plus petit devait mesurer 5 mètres de long, au large de Sête dans l’Hérault, à une époque où je n’avais pas d’appareil photo fiable. une rencontre que je n’ai plus jamais revécue…

VP : Quel est LE conseil pour une photo réussie ?
LB : L’authenticité et la simplicité de la démarche. j’aime quand le sujet prime sur l’image, et que l’image, pour autant, valorise le sujet.

VP : Et si vous deviez conseiller une école, du matériel… ce serait quoi ?
LB : Le matériel compte beaucoup, mais la seule école est celle de la patience et la persévérance…

Les infos pratiques

Adresse: 99 bd Raspail, 75006 paris