Les métiers parisiens oubliés

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© Galeriile Noblesse
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On les croise parfois dans les vieux films tournés à Paris, ou sur les pages des livres d’histoire, ou encore au détour d’une anecdote racontée par un ancien… Vivre Paris vous propose un petit dictionnaire de ces métiers parisiens d’autrefois.

Aboyeurs : Le soir, à la porte des petits théâtres, les aboyeurs récitaient aux passants la programmation des spectacles. De quoi attirer les badauds.

Allumeur de réverbère : Cet employé de mairie était chargé d’allumer au gaz tous les réverbères de la capitale une fois la nuit tombée. Il faisait le chemin inverse à l’aube pour tous les éteindre. En 1889, l’ampoule électrique a été inventée et ce métier a disparu.

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Ange-Gardien : C’était le Sam de l’époque, celui qui ne boit pas donc, mais surtout celui qui est payé quelques pièces pour ramener les gens chez eux. Souvent employé par les marchands de vin, il se chargeait de l’escorte des clients ivres jusqu’à leur domicile.

Charron : Plus communément appelé graisseur de roue, il était le spécialiste des chariots, et autres charrettes. Dans les rues, il graissait les larges roues des véhicules arrêtés contre quelques pièces de monnaie.

Chasseur de rat : Pas besoin de vous expliquer en quoi cela consistait… En tout cas, c’est un métier dont Paris aurait encore bien besoin.

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Cueilleur d’Orphelin : un nom bien poétique pour évoquer un de ces petits métiers de misère que les gens les plus pauvres inventaient pour s’en sortir. En l’occurence le cueilleur d’orphelin ramassait les mégots de cigares et de cigarettes pour récolter les restes de tabac et les revendre.

Décrotteur : A l’époque, nombreuses sont les calèches et donc les chevaux, à se déplacer dans la capitale. Qui dit chevaux, dit crottin… Et on est pas sûr que marcher dedans porte bonheur. En tout cas, ça comblait les décrotteurs, installés sur les trottoirs, qui se précipitaient pour vous proposer de nettoyer vos chaussures crottées.

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Forts des Halles : ils chargeaient et déchargeaient les marchandises vendues aux anciennes Halles de Paris (dans le quartier actuel des Halles). Ce métier a été inventé sous le règne de Louis IX. On les appelait ainsi car ils étaient souvent très costauds. Ils portaient un grand chapeau en cuir jaune avec une calotte de plomb à l’intérieur pour supporter le poids des cargaisons.

1900 © Wikipédia / DR

Liseuse de pensées extralucide : Installée sur le trottoir, yeux bandés, cette madame Irma d’antan attirait les passants en clamant de soi-disant oracles. Les parisiens pouvaient la consulter au sujet de leur avenir contre un peu d’argent.

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Loueur d’enfant : un métier qui se rapproche plutôt de la truanderie. Tirant profit de la détresse de jeunes mères à la situation douteuse (non mariées, en fait), le loueur d’enfant se présentait comme une sorte de nounou à qui les mères pouvaient laisser leur progéniture un après-midi, pour aller chercher du travail. Le problème ? Le malveillant « sous-louait » l’enfant à des mendiants qui s’en servaient pour apitoyer les passants.

Loueuse de sangsues : Pour 30 sous, la loueuse de sangsues vous installait ses petites bêtes sur le corps, dans un but thérapeutique. Sinon, elle les revendait aux apothicaires, les pharmaciens de l’époque. Elle « pêchait » les sangsues dans la Seine, en y laissant tremper ses jambes jusqu’à ce que les bestioles visqueuses s’y accrochent.

Maletachier : Ce métier a existé du Moyen-Age à la Belle Epoque. Il suffisait qu’une charrette passe un peu trop près de vous par temps de pluie, et vous étiez éclaboussé de boue. C’est là que le maletachier intervenait, muni de son savon à dégraisser ou de sa pierre à détacher, pour vous débarrasser illico presto des vilaines tâches.

Marchand(e) d’Arlequin : Il/elle vendait dans la rue des restes divers et (a)variés, récupérés auprès des bourgeois et des restaurateurs. Recuits tous ensemble dans une grande marmite, c’était un repas de fortune vendu à la louche pour quelques centimes.

Halles de Paris vers 1900 © Ludovic-Georges Hamon

Marchand(e) d’Attrape-Mouche : Une ombrelle qui emprisonne les mouches, ça fait rêver non ? C’est ce que vendait le marchand d’attrape-mouche. Dans un Paris autrefois infesté de petites bêtes volantes attirées par les crottins de chevaux et les déchets, il y avait de la demande.

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Marchand(e) de Feu : Autre métier de misère. Ce dernier se promenait muni d’une petite lanterne amoureusement protégée et vous proposait d’allumer votre cigare ou cigarette contre une petite pièce.

Marchand(e) de Mouron : A Paris, on trouvait facilement du mouron (ou Mouron des Oiseaux), une herbe comestible qui poussait en toute saison et que l’on retrouvait un peu partout, même dans les endroits les plus inattendus. Dans les rues et les jardins publics, les marchand(e)s de mouron en vendaient pour nourrir les oiseaux. Ils déambulaient en criant « Voilà du mouron pour les p’tits oiseaux » ! Ou « Régalez vos petits oiseaux » !

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Marchand(e) de Plaisir : Au 19ème siècle encore, on pouvait entendre crier le soir, dans les rues de Paris : « Voilà l’plaisir, mesdames, voilà l’plaisir ! » Attention, on parle ici de petits gâteaux, rien de plus… Gâteaux qu’on appelait autrefois les « oublies » parce qu’ils étaient si léger, qu’à peine avalés on ne s’en souvenait plus.

Poinçonneur : Des Lilas ou d’ailleurs, son rôle était de composter les tickets dans les transports en commun parisiens. Ce métier a disparu en 1973.

Le poinçonneur du métro, station « Les Halles » 1941. © Roger Schall – Paris, musée Carnavalet

Porteuse de pain : C’est un peu l’ancêtre d’Uber Eats… Mais pour le pain. Elle livrait baguettes et autres pains de campagne, à l’aide de sa petite chariole, aux clients des boulangeries parisiennes.

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Ramasseur de crottes : Il est loin le temps des motos / aspirateurs à crottes. Le ramasseur de crottes du Paris d’antan n’en avait que faire de la propreté des rues parisiennes. Son intérêt ? Revendre les défections canines aux maroquiniers et mégissiers, qui les utilisaient pour polir le cuir. Seul hic ? D’après un article de journal publié en 1926, ramasseur de crottes était un métier précaire. En effet, certaines saisons (au printemps notamment), les crottes de chien manquaient d’acidité pour travailler le cuir.

Rémouleur : Vous avez toujours rêvez de pouvoir aiguiser vos lames et couteaux n’importe où ? Au 19 ème siècle, c’était chose facile. Le rémouleur ambulant permettait aux passants et restaurateurs d’affûter leurs ustensiles de cuisines n’importe où et n’importe quand. Paris en compte un, encore aujourd’hui.

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Tapeur de vitre : Calepin plein d’adresses à la main, il déambulait dans les rues dès l’aube. Son rôle ? Jouer les réveils. En criant, sifflant, ou en frappant sur les carreaux à l’aide d’un long bout de bois, le réveilleur ou la réveilleuse ne continuait sa tournée qu’une fois son client apparu à la fenêtre. Ils étaient très répandus au Royaume-Uni.

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Vendeur de journaux à la criée : Un peu comme les aboyeurs, ces vendeurs là, souvent de jeunes garçons, scandaient les Unes des journaux parisiens pour mieux les vendre. Il en existe encore un (plus tout jeune), qui opère dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés.