Les bons tuyaux de Cloclo : A la découverte du temple Ganesh

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Fête de Ganesh, Paris, 2017 © mahdiaridjphotography

Avec plus d’un milliard de fidèles, l’hindouisme est la troisième religion la plus représentée sur terre après le christianisme et l’islam. Je vous emmène la découvrir… En plein Paris.

  • Pourquoi ? Un plongeon dans la culture hindoue
  • Où ça : Dans le quartier « Little Jaffna », 75018

Le pays de l’hindouisme par excellence, c’est bien-sûr l’Inde. Mais les cultes hindous se célèbrent partout à travers le monde, et notamment dans le temple Sri Manicka Vinayakar Alayam, ou plus simplement temple Ganesh, au coeur du 18 ème arrondissement de Paris.

© Antonin Padovani
  • On y fait quoi ?

On se laisse dépayser et envoûter par ce lieu insolite. Au départ, il était discrètement installé derrière une porte de la rue Philippe de Girard, à deux pas du métro Marx Dormoy (75018). En 2010, le temple a déménagé au 17 rue Pajol, dans le quartier surnommé « Little Jaffna », du nom de la capitale culturelle des Tamouls, au nord du Sri Lanka.

Le temple a été fondé le 4 février 1985 par Vaithilingam Sanderasekaram, ce qui en fait le temple hindou le plus ancien de la capitale, mais aussi le premier de France.  Il est fréquenté majoritairement par des hindous du Sri Lanka, des Antilles, de l’Ile Maurice ou de la Réunion.

Monsieur Sanderasekaram, né au Sri Lanka en 1946, était issu d’une famille de fondateurs de temples de Ganesh. Il est décédé en 2013. © Temple Ganesh

Ouvert à tous, une seule règle s’impose dans ce lieu sacré : le respect, bien-sûr. Lorsqu’on y pénètre, déjà, on se déchausse. Puis on se laisse emporter par les effluves d’encens, de noix de coco et de jasmin. Les brahmanes s’affairent autour des corbeilles d’offrandes. Elles sont en général pleines de pétales de fleurs (lotus, manguier..) et de fruits.

© laparisette.webnode

Les «  brahmanes » représentent une des quatre castes définies par l’hindouisme. Ils sont prêtres, sacrificateurs, professeurs et hommes de loi. Ils ont pour devoir principal d’incarner le «  dharma » (l’Ordre universel cosmique ou Loi éternelle), de le défendre, et de le faire respecter.

Torses nus, pagnes colorés noués autour de la taille, colliers tintants autour du coup, ils préparent les rites. Ici, on vénère tous les dieux, mais surtout Ganesh (ou Ganesha ou Ganapati), fils de la déesse montagnarde Parvati et du dieu danseur Shiva.

© Temple Ganesh

Ganesh est considéré par les hindous comme une divinité suprême, le dieu du savoir, symbole de l’union entre le microcosme et le macrocosme (l’humain et le divin), capable d’écarter les obstacles par la puissance de sa pensée.

  • Les légendes sur l’origine du dieu Ganesh à tête d’éléphant sont nombreuses, voici la plus répandue : « Shiva, revenant d’une longue période de méditation dans l’Himalaya, vit un jeune inconnu devant la porte de sa maison. Le jeune inconnu refusa de le laisser rentrer dans sa maison afin de protéger sa mère, Parvati qui prenait un bain à ce moment-là. Ce jeune homme avait été conçu par Parvati à partir de poussière et d’onguents prélevés de sa propre peau pendant la longue absence de son époux Shiva et pour qu’il lui tienne compagnie et la protège. Parvati nomma sa création Ganesh. Shiva, furieux de ne pouvoir rentrer chez lui, coupa avec son épée la tête de Ganesh sans savoir que c’était le fils de son épouse, Parvati. La tête de Ganesh roula très loin et ne fut jamais retrouvée.Parvati, inconsolable, exigea de Shiva qu’il rende la vie à son fils. Shiva fit alors la promesse de rendre la vie à Ganesh et de remplacer sa tête perdue par la tête de la première créature qu’il rencontrerait. Le premier être vivant rencontré fut un éléphanteau et Shiva coupa la tête de l’éléphanteau pour la déposer sur celle du corps de Ganesh à qui il redonna vie. Pour se faire totalement pardonner, il reconnu Ganesh comme son fils. »
© mythologica.fr

A l’intérieur du temple, ne manquez pas d’admirer les multiples statues. Ces nombreuses statuettes sacrées sont arrivées à Paris dans les années 80. D’abord exposées à la Maison de l’Inde de la Cité universitaire, on les retrouve aujourd’hui rue Pajol. La plus surprenante ? Peut-être celle représentant le Dieu Ganesh, fabriquée au Sri Lanka dans un alliage particulier de cinq métaux.

Dans le temple, des statuettes à l’effigie des dieux hindous © Temple Ganesh
  • On y va quand ?

Le vendredi, c’est jour d’affluence et vous ne saurez probablement plus où donner de la tête tant les fidèles sont nombreux à se réunir. Mais l’énergie du lieu est incroyable. D’un côté les hommes, de l’autre les femmes et leur sari multicolore. Les uns gardent les mains jointes sous leur poitrine et les autres sous leur menton. Sur le visage de chacun, la même dévotion.

© Temple Ganesh

Le temple est ouvert de 9h30 à 20h30. Les « pujas » (offrandes de fleurs et cérémonies d’adoration) ont lieu à 10h, 12h et 19h. Le week-end, les fidèles pratiquent « l’abhishekam », un bain sacré offert à la divinité. Surtout, les cérémones sont suivis d’un très beau moment de partage: un repas végétarien est distribué gratuitement à toutes personnes présentes. C’est l’odeur du curry qui, cette fois, embaume le lieu. 

Bref, visiter le temple de Ganesh, c’est s’offrir un plongeon envoûtant dans la plus pure tradition des temples du sud de l’Inde et d’Asie. Un bon moyen de découvrir la générosité et la bienveillance de cette communauté dont on parle peu en France. Un véritable voyage culturel et spirituel, sans quitter Paris.