Le jour où… Le corps d’Édith Piaf a été transféré clandestinement jusqu’à Paris !

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Edith Piaf le 13 décembre 1962 - © Eric Koch-Anefo / Wikicommons

Avant de faire tourner la tête de ses admirateurs et devenir la plus grande icône de la chanson française, Édith Piaf est née et a passé une partie de son enfance au coeur du quartier de Belleville, dans le XXe arrondissement de Paris. De ses jeunes années, elle a gardé un amour illimité pour la ville « où tout peut s’arranger »… au point de vouloir y mourir à tout prix.

Sous le Ciel de Paris, Entre Saint-Ouen et Clignancourt, La Valse de Paris, Les Amants de Paris… On le sait, la Môme de Belleville aimait la capitale comme personne et a partagé son amour pour la Ville Lumière en de multiples chansons devenues emblématiques. Mais peu de gens savent qu’elle aimait tellement Paris que son dernier voeu était d’y mourir, envers et contre tout. Alors, lorsqu’elle rend son dernier souffle le jeudi 10 octobre 1963 dans une villa de Grasse (Côte d’Azur), ses proches n’ont qu’une idée : réaliser cette dernière volonté, quitte à prendre des risques démesurés et parfaitement illégaux.

Pour réaliser cet ultime voeu, la famille et les amis de la Môme décident, en ce 10 octobre 1963, de ne pas annoncer tout de suite son décès, ni au public ni aux autorités. Ils attendront le lendemain, lorsque la dépouille de la chanteuse sera arrivée chez elle, à son domicile du 67 boulevard Lannes dans le 16e arrondissement. Son dernier trajet jusqu’à Paris se fera donc dans la plus grande clandestinité. Et pour cause, en France, il est obligatoire de déclarer un décès à la mairie du lieu du décès, mais surtout, il est illégal de déplacer ou transférer un corps sans autorisation… qui plus est si l’on ne dispose pas encore d’un acte de décès !

Toutes ces questions légales n’arrêteront pas Simone Margantin, l’infirmière de la Môme, Théo Sarapo, son mari, et l’ambulancier de confiance qu’ils ont sollicité pour faire le trajet : le corps de leur bien-aimée dans la cabine d’ambulance, le petit groupe quitte Grasse en début de soirée pour parcourir les 800 km qui séparent la Côte d’Azur de la capitale. Une perfusion est même posée sur le bras d’Édith Piaf pour tromper quiconque s’approcherait d’un peu trop près du convoi.

Le transfert se passe au mieux et le convoi arrive à Paris au petit matin. Ultimes jalons d’une aventure commencée une dizaine d’heures plus tôt, la dépouille de la Môme Piaf est installée dans son lit du boulevard Lannes et un faux certificat de décès postdaté de son médecin est réalisé : officiellement, l’enfant née dans les faubourgs parisiens en 1915 décède donc le 11 octobre 1963 à 8h du matin, dans le 16e arrondissement. Le lendemain, tous les journaux titrent sur le décès de la môme Piaf en précisant qu’elle est a rendu son dernier souffle à Paris… Jusqu’au dernier moment, sa vie aura donc été parisienne… et exceptionnelle !

C.R