Le jour où… Paris a vécu la seule tornade de son histoire !

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Il y a presque 120 ans, le jeudi 10 septembre 1896, une tornade aussi éphémère que destructrice touchait la moitié Est de la capitale, emportant les toits et retournant les calèches sur son passage. On revient pour vous sur cet événement météorologique sans précédent à Paris.

Formée en plein coeur du 6e arrondissement, dans le jardin du Luxembourg, cette micro-tornade n’aura duré que quelques minutes, mais sèmera la terreur dans la capitale, provoquant l’effroi des Parisiens qui parviennent à peine à nommer ce qu’ils vivent.

Cyclone, trombe, ouragan, tourbillon de vent ? Comment nommer un phénomène que l’on a du mal à comprendre et qui nous était presque inconnu jusque-là ? C’est sans doute ce que ce sont dit les centaines de Parisiens cueillis par la tornade du 10 septembre 1896, la seule qui passera par les rues de Paris en près de 400 ans…

Les quais de Seine, après le passage de la trombe (gravure de Georges Redon, 1869-1943)

En trois ou quatre minutes, les vents tourbillonnants de la tornade balayeront tout sur leur passage : ils endommageront de nombreux édifices de l’Île-de-la-Cité et du quartier des Halles, abîmeront l’église Saint-Merri et l’hôpital Saint-Louis avant de terminer leur course du côté du parc des Buttes-Chaumont.

Partout où la tornade passe, les toitures et les lampadaires sont arrachés, les chênes et tilleuls déracinés, les omnibus projetés dans les airs et renversés sur le trottoir. Cette tornade, dont le parcours s’étendra sur 6 kilomètres, causera également plusieurs décès et de nombreux blessés. Au total, une soixantaine de personnes seront prises en charge par les secours et 5 autres perdront la vie, dont un petit garçon de cinq ans soulevé par le vent et précipité contre le parapet du Pont-au-Change.

Formation du cyclone, place Saint-Sulpice. Dessin d’après nature de MM. Mouligné et Redon.

Cette tornade est unique pour plusieurs raisons. D’abord, parce qu’elle s’est formée au coeur de Paris, dans une zone fortement urbanisée et très peu propice au développement de ce genre de phénomène météorologique. Ensuite, parce que l’intégralité de son trajet a eu lieu dans Paris intra-muros. Mais surtout parce qu’elle n’a finalement touché qu’une infime partie de la capitale : à peine 2% de sa surface totale ! Résultat, le 10 septembre 1896 à 14h43, certains Parisiens faisaient face à des rafales allant à plus de 200 km/h, tandis que d’autres prenaient tranquillement un café en terrasse, sans se douter de rien…

C.R