Paris : les scooters et motos bientôt bannis ?

Des motos et scooters stationnés dans Paris © Viktoriia Zolotarova

Alors que la nouvelle équipe municipale vient de prendre ses quartiers à Paris, certains motards et conducteurs de deux-roues motorisés craignent déjà d’être bannis de la capitale par les mesures que souhaite prendre la Mairie de Paris dans les prochains mois.

Fermeture des abords des berges du canal Saint-Martin aux véhicules à moteur, piétonnisation de la rue de Rivoli, limitation de la vitesse dans tout Paris, réduction du nombre de places de stationnement en faveur des pistes cyclables… L’équipe de la Maire de Paris Anne Hidalgo, facilement réélue fin juin, ne cache pas son envie de réduire fortement la place de la voiture et autres véhicules à moteur dans Paris intra-muros. Une direction qui ne plaît pas à tout le monde, et surtout pas aux motoristes et scootéristes qui sont, eux aussi, dans le collimateur de la nouvelle équipe PS/EELV.

Une manifestation contre la mise en place d’un stationnement payant

Les principales associations de deux-roues motorisés ont notamment rejeté en bloc la volonté de la municipalité de réduire à 30 km/h la vitesse dans la plupart des rues de Paris, mais commencent surtout à se lever contre la possibilité d’un stationnement payant pour les deux-roues motorisés, une idée plusieurs fois avancée par la Maire de Paris Anne Hidalgo et David Belliard, ancienne tête de liste écologiste à la mairie de Paris et nouvel adjoint aux Transports de la ville. De nombreux motoristes et scootéristes craignent que cette mesure soit le premier pas vers un bannissement de leurs véhicules dans Paris, au profit des vélos.

Si le projet de stationnement payant n’est pas encore acté, l’antenne Paris-Petite Couronne de la FFMC appelle d’ores et déjà les motards et conducteurs de deux-roues motorisés à manifester le 18 juillet 2020 contre ce projet. Interrogé par Le Monde, le président national de la FFMC regrette une mesure de rejet, plutôt que d’intégration : « Au lieu de nous rejeter, il vaudrait mieux nous intégrer comme une option écologique de mobilité. Les deux-roues motorisés apportent fluidité à la circulation et faible occupation de la voirie. Le motard accepte de braver le froid, la pluie pour contribuer à une mobilité moins encombrante et moins polluante ».

Les motoristes et scootéristes ne savent pas encore à quelle sauce ils vont être mangés

Des « États généraux de la mobilité et du stationnement à Paris » vont, dès cet été, mettre un peu d’organisation dans toutes ces idées et permettre à tous les protagonistes de voir plus clairement ce qui les attend : outre le stationnement payant pour les deux-roues motorisés, une réglementation plus sévère de l’activité des livreurs en scooter ou moto, des mesures pour réduire la pollution sonore des deux-roues motorisés comme la généralisation des « radars méduses » sont envisagés par l’équipe municipale parisienne.

La Ville vient par exemple de se porter candidate pour expérimenter un radar automatique permettant de contrôler les nuisances sonores causées par les véhicules motorisés, et notamment les deux-roues, que l’on sait particulièrement bruyants. L’idée étant de pouvoir rendre possible la verbalisation automatique des motards bruyants d’ici 2022.

 

 

C.D

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