La Mairie du 10 ème veut lutter contre la précarité menstruelle

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Paris precarite mensuelle Mairie du 10eme
© Istock/Masanyanka

En ce moment on parle beaucoup de la précarité menstruelle, de l’importance de rendre les protections hygiéniques accessibles à toutes les femmes. La Mairie du 10 ème a décidé d’agir en ce sens. 

Rappelez-vous, début février, Irene, une étudiante de 20 ans, passait une journée dans Paris sans protection hygiénique, alors qu’elle avait ses règles. Les photos qu’elle postera ensuite sur Instagram, où l’on voit son legging tâché de sang menstruel, ont beaucoup fait parler.

Le tabou est désormais levé sur la précarité menstruelle. Tampons, serviettes… Les protections à usage unique coûtent cher… La journaliste américaine Hanna Brooks Olsen estime qu’au court de sa vie, une femme dépensera environ 10 000€ pour ses règles.

Paris Mairie du 10 precarite menstruelle
Les boîtes de tampons et serviettes coûtent entre 2 € et 4 € et autour de 5 € lorsqu’elles sont de marque.        © Getty Images / Istockphoto

Un sondage réalisé par l’Ifop pour la newsletter Les Glorieuses montre que sur 1653 adolescentes interrogées, âgées entre 12 et 19 ans, 97 % d’entre elles considèrent que les protections périodiques coûtent trop cher.

La Mairie du 10 ème à décidé d’agir pour contrer en partie ce problème. La maire Alexandra Cordebard a décidé d’installer des distributeurs de tampons et serviettes bios dans les six collèges publics de son secteur. Et ce « à compter de la rentrée scolaire prochaine, au plus tard ».

 L’idée est de permettre aux jeunes filles de vivre leurs règles sereinement. Claire, infirmière dans un lycée de Seine Saint-Denis, expliquait l’année dernière France Info que « beaucoup de filles ont honte (de demander des protections hygiéniques, NDLR) et n’osent pas aller voir l’assistante sociale car on est dans quelque chose qui touche à l’intime, de privé, que l’on veut garder secret ».

Alors ces distributeurs sont les bienvenus, surtout que leur installation s’accompagnera de discussions avec les élèves sur les menstruations. La maire du 10 ème espère créer dans ces collèges un esprit de sororité, mais également éduquer les garçons à être moi « ricaneurs » à ce sujet.

Briser le tabou des regles
Avec sa campagne « Sang Tabou », l’association Osez le Féminisme souhaite lever le tabou des règles. © Osez le Féminisme

Le mouvement prend petit à petit de l’ampleur, puisque l’université de Lille a annoncé cette semaine qu’elle distribuerait gratuitement 30 000 kits de protections hygiéniques, contenant tampons, serviettes et coupe menstruelle à ses étudiantes. Pourvu que d’autres prennent l’exemple, et que ça dure…

  • Si tu es passée à la cup ou autre protections réutilisables et que tu te retrouves avec un stock de tampons et serviettes jetables chez toi, donne les ! Aux femmes SDF dans la rue, ou à des associations (Resto du Coeur, Samu Social, Croix Rouge…).
  • La bonne action du jour : signer cette pétition pour un accès libre et gratuit à des protections périodiques bio dans tous les collèges et lycées de France.