Le métro parisien beaucoup trop pollué ?

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Metro parisien pollution
© Adisa

Le jeudi 7 mars, le journal Le Parisien a fait mesurer la qualité de l’air dans le métro parisien, et le résultat n’est pas joli joli…

Le journal Le Parisien a révélé hier les résultats de son enquête sur la qualité de l’air dans le métro de Paris. Des tests ont ainsi été faits pour connaître la quantité (en microgrammes) de particules PM 2,5 dans l’air des stations. Ces particules PM 2,5 sont les plus fines et s’infiltrent plus facilement dans l’appareil respiratoire. Elles représentent donc un vrai risque pour la santé.

Le jour où les mesures ont été faites, la qualité de l’air extérieur était plutôt bonne : le niveau de particules PM 2,5 dans l’air parisien s’élevait à 5 µg /m3 au lieu de 15 µg/m3, la moyenne annuelle. C’était donc un bon jour pour respirer à plein poumon… Sauf pour les usagers du métro.

En effet Le Parisien dévoile que l’air que nous respirons sur certains quais du métropolitain est 30 fois plus pollué que l’air que nous respirons dans les rues de Paris. A la Défense par exemple, (sauf sur la ligne 1 grâce à des portes palières récentes) ou à Châtelet, où la RATP elle-même a relevé des taux de plus de 200 µg/m3.

Paradoxalement, la station la plus polluée se trouve à Neuilly sur Seine, dans l’ouest de Paris, sur la ligne 1 justement. Certaines stations, comme Franklin Roosevelt ou Nation, ont  quant à elles des niveaux plus raisonnables.

Particules fines metro parisien
© Le Parisien

Mais d’où vient cette pollution ? Plusieurs acteurs sont à prendre en compte :

  • Le freinage des trains
  • L’usure du matériel
  • L’air extérieur qui pénètre dans les stations

Ce sont les travailleurs de la RATP qui sont le plus exposés.

Pour lutter contre la pollution de l’air souterrain, la RATP a décidé d’investir 45 millions d’euros entre 2016 et 2020. Au programme notamment : renforcement de la ventilation, création de ventilateurs, traitement de l’air dans les stations et tunnels ou encore réduction des émissions liées aux matériels roulants. En mai prochain, l’entreprise va également tester un caisson pour piéger les particules polluantes.

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© Pepperer85

Rappelons qu’en terme de pollution globale, les chercheurs estiment à 790.000 le nombre de morts dus à la mauvaise qualité de l’air en 2015 dans l’ensemble de l’Europe (étude publié dans la revue European Heart Journal, 2019). 

Cette estimation est nettement supérieure à celle de l’Agence européenne de l’environnement (AEE).