Le Saviez-vous ? C’est à Londres que Paris doit son apparence actuelle !

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Les immeubles haussmanniens, les Grands Boulevards, les larges places en étoile…  Typiques de la capitale, non ? Mais saviez-vous que l’on doit toutes ces « spécificités parisiennes » à notre voisine d’outre-Manche ? Si, si !

Tout commence en septembre 1666 lorsqu’un terrible incendie décime la capitale britannique. La plupart des maisons londoniennes sont alors construites de manière très resserrée, le long de rues étroites, et fabriquées en pan de bois à pignon sur rue : les Londoniens s’en rendront compte trop tard, mais c’est cette façon de construire qui propagera le feu et causera la destruction de 13 000 maisons en seulement trois jours.

Tableau de 1666, par un artiste inconnu, représentant l’incendie tel qu’il devait apparaître au soir du 4 septembre 1666.

Lorsque les Français sont avertis de ce terrible incendie, ils prennent immédiatement peur : à Paris, le mode de construction des maisons est quasiment le même… Les autorités décident donc sur le champ d’interdire la construction de nouvelles maisons en bois et de recouvrir les anciennes de plâtre afin de les rendre plus résistantes au feu. Pour la première fois, Londres venait de modifier l’apparence de Paris… mais ce n’est qu’un début !

Près de deux siècles plus tard, au milieu des années 1840, l’Empereur Napoléon III effectue un voyage de l’autre côté de la Manche. Le neveu de Bonaparte est alors fasciné par la modernité de la capitale anglaise. Après avoir perdu la majeure partie de ses constructions, Londres s’est entièrement reconstruite : la ville est aérée, les rues et les quais sont élargis, les maisons construites en brique ou en pierre, de vastes espaces verts s’épanouissent et de grands monuments, comme la Cathédrale Saint-Paul de Londres, se dressent majestueusement.

Napoléon III est sous le charme. À son retour en France, il décide donc de lancer son programme de transformation de Paris qu’il confie au Baron Haussmann : création de milliers d’immeubles en pierre de taille, percement de boulevards larges et aérés (les Grands Boulevards, la rue de Rivoli…), construction d’espaces verts spacieux (les Buttes-Chaumont) et d’édifices grandioses (l’Opéra Garnier)… Il prend exemple sur Londres pour à peu près tout !

Travaux nocturnes des constructions de la rue de Rivoli, éclairés par des projecteurs à gaz – L’Illustration, 1854

C.R