Paris : le jardin de l’hôtel Heidelach, cet écrin caché

Jardin japonais, Kyoto © Sergii Rudiuk

Direction le 16ème arrondissement de Paris (depuis votre canapé, toujours) pour vous détendre en cette période de confinement pas tous les jours facile.

Bercy Village

Vous êtes fasciné(e)s par le bouddhisme et les bonsaïs ? Vous êtes en quête d’un moyen de vous recentrer sur vous-même pour terminer ce confinement serein et plus zen que jamais ? Vous avez envie de partir loin de chez vous sans bouger de votre canapé ? La solution se trouve dans le 16 ème arrondissement de Paris… Au 19 avenue d’Iéna se trouve un petit trésor, de ceux que notre chère capitale garde presque jalousement, dissimulés derrière portails et façades.

Connaissez-vous l’hôtel d’Heidelach ? Cet hôtel particulier d’inspiration néoclassique, construit  en 1913 (pour un couple de banquiers américains), par l’architecte René Sergent, (très célèbre à l’époque), a été racheté par le Ministère de l’Education Nationale en 1955 et confié au musée Guimet en 1991. C’est cette année là que le Musée national des Arts asiatiques – Guimet (ou Mnaag) a inauguré les Galeries du Panthéon bouddhique, dans l’hôtel Heidelach.

Mnaag © Christian Moutarde

En 2015, le Panthéon bouddhique est rapatrié dans le bâtiment principal du musée et, depuis juin 2017, l’hôtel (qui a été restauré) accueille un projet autour du thé et du mobilier. Mais ce qui nous intéresse ici, le VRAI dépaysement, se trouve à l’extérieur de l’hôtel… Le jardin japonais de l’hôtel est une merveille où l’on s’évade malgré soi.

Aménagé en 1991, il a été fermé, rénové et assaini récemment, pour réouvrir au printemps 2018, plus beau que jamais. L’espace, pensé par l’architecte franco-japonaise Agnès Latour-Kurashige et l’historien d’art Jean-Sébastien Cluzel, accueille bambous, bonsaïs, érables et cerisiers du japon, fougères, fontaines… Croyez-moi, quelque chose d’éminemment bienveillant et serein se dégage de cet endroit.

Cerisiers en fleurs, Meguro Canal, Tokyo © YP_photographer

 

Temple japonais, Eikan-do, Kyoto © Sergii Rudiuk

On s’émerveille devant le « chashitshu ». Cet adorable pavillon de thé, construit en 2001, a été dessiné par l’architecte Nakamura Masao. Les travaux ont été supervisés par le maître-charpentier Yamamoto Takaaki, et la qualité de l’ouvrage est reconnue jusqu’au Japon. De véritables cérémonies du thé y sont régulièrement célébrées.

Le pavillon de thé © Guimet

Ce pavillon incarne les quatre principes du « chanoyu », posés par le maître de thé Sen Rikuy et que tentent de suivre les pratiquants de ce qu’on appelle « La voie du thé » :

  • Wa (l’harmonie) C’est l’interaction positive qui existe entre l’hôte et l’invité durant une cérémonie du thé ou entre plusieurs personnes dans la vie. Elle apporte la paix.
  • Kei (le respect) C’est la capacité de comprendre et d’accepter les autres, y compris ceux avec qui nous pourrions être en désaccord. Durant la cérémonie du thé, l’hôte pense à l’invité et l’invité à l’hôte. Il faut traiter toutes choses et tout le monde avec le même respect.
  • Sei (la pureté) C’est la capacité de se traiter et traiter les autres avec un coeur pur et ouvert. C’est en fait l’essence de l’entrainement à la voie du thé. Avec un coeur pur, l’harmonie et le respect peuvent être atteints.
  • Jack (la sérénité) C’est le point dans l’entraînement où le pratiquant atteint un certain niveau de désintéressement. Bien que d’un côté ce soit le but ultime, d’un autre, c’est à nouveau le commencement. À ce moment là, les possibilités infinies de la vie peuvent être réalisées.

Cérémonie du thé, Japon © Toa55

Les 450 mètres carrés de ce jardin caché et insolite sont, sans conteste, parmi les plus paisibles de Paris.

On espère vous avoir transporté au Japon…

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