Le jour où… Un âne a failli être élu à l’Assemblée nationale !

Le 8 mai 1898, date des élections législatives, un petit âne blanc prénommé Nul devenait le tout premier animal candidat à l’Assemblée nationale… Ou presque.

« Votez Nul ! » Voilà le slogan que de nombreux Parisiens ont entendu dans les rues de la capitale en ce chaud dimanche d’élection du printemps 1898. Nous sommes le 8 mai et les Français doivent élire les 585 députés de l’Assemblée nationale. Et ce jour-là, c’est une histoire bien plus rocambolesque qui va faire parler les Parisiens !

À 10 heures du matin précises, un cortège des plus excentriques s’embarque pour une « balade électorale » insolite dans les rues de Paris. Le petit groupe se compose de Zo d’Axa, un pamphlétaire antimilitariste et anticapitaliste, quelques anarchistes libertaires… et un candidat-bourriquet qui traîne une petite carriole en forme d’urne et se fait acclamer à grand renfort de « C’est un âne, un âne, un âne, c’est un âne qu’il nous faut ! ».

Pourquoi faire parader un âne blanc prénommé Nul au coeur de Paris un jour d’élection ? Pour militer en faveur du vote blanc et du vote nul, évidemment… mais aussi pour protester contre le système politique de la Troisième République que beaucoup d’anarchistes considèrent comme corrompu. Ainsi, dans le journal satirique qu’il a crée La Feuille, Zo d’Axa décrira son poulain comme un « âne pas trop savant, un sage qui ne boit que de l’eau et reculerait devant un pot de vin. À cela près, le type accompli d’un député majoritaire ».

Si l’âne n’a jamais était considéré comme un candidat officiel (pour se présenter à la députation, un candidat doit être électeur, donc citoyen, donc… humain !), des affiches rapportant son programme ont bel et bien était placardées sur les murs de la capitale et l’animal paradera pendant près de cinq heures dans Paris, de la butte Montmartre au boulevard Saint-Michel en passant par les Grands Boulevards et le Sénat.

Le quadrupède et ses amis bipèdes anarchistes seront finalement arrêtés par les forces de l’ordre en milieu d’après-midi devant une foule de Parisiens médusés par cet étonnant spectacle. Dommage, on aurait bien aimé voir un véritable âne à quatre pattes dans l’hémicycle…

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