Le jour où… Un arnaqueur a vendu la tour Eiffel !

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Est-ce la plus grande escroquerie de l’histoire de Paris ? Sans doute pas, mais cette histoire rocambolesque est une jolie démonstration de force et une (nouvelle) preuve de la crédulité de l’être humain !

Nous sommes en mars 1925. Un client sirote tranquillement son verre à la terrasse d’un bistrot des Champs-Élysées, lorsqu’un article de journal attire son attention : du haut de ses 300 mètres, la tour Eiffel représente un véritable gouffre financier du fait des réparations, nombreuses et régulières, qu’elle nécessite. Le journaliste termine son article en se demandant, de façon humoristique, s’il ne vaudrait pas mieux vendre l’édifice construit par Gustave Eiffel

Le cerveau du client, un Tchèque dénommé Victor Lustig, se met alors en branle : il va prendre le journaliste au mot et faire croire que la tour Eiffel est à vendre pour pièce afin d’empocher l’argent de ceux qui tomberont dans le panneau. Il faut dire que ce client n’est pas un homme comme les autres : escroc hors pair, il a déjà vendu des milliers de places pour des spectacles fictifs à Broadway, fabriqué de la fausse monnaie par centaines et arnaqué à peu près tous les gens qu’il a rencontrés…

Victor Lustig, quelques années après être devenu « l’homme qui a vendu la tour Eiffel » © Wikicommons

Ni une ni deux, il envoie un faux courrier à en-tête de la mairie et de la société de gestion de la tour Eiffel aux cinq plus grands ferrailleurs parisiens. Les artisans sont convoqués dans un palace du 7e arrondissement et se voient proposer de récupérer les 7000 tonnes de l’édifice pour un prix dérisoire s’ils parviennent à garder la transaction secrète jusqu’au début du démontage. Évidemment, seul le plus offrant pourra bénéficier de cette vente si juteuse !

Le premier a tomber dans le panneau sera un certain André Poisson, le moins aguerri des cinq puisqu’il débute dans le milieu. Il ira jusqu’à hypothéquer sa maison pour s’offrir la tour la plus haute de Paris. Lorsqu’il se rend compte qu’il s’est fait duper, il est déjà trop tard : l’arnaqueur a déjà filé à l’anglaise et quitter le pays, l’argent de sa victime dans ses valises. Honteux, André Poisson ne révélera l’arnaque que bien des années plus tard, lorsqu’une autre victime dénoncera Victor Lustig… pour le même fait.

C.D