La question de la semaine : Que sont devenues les anciennes maisons closes parisiennes ?

Paris, capitale de l’amour… et du plaisir ! Jusqu’à la promulgation de la loi Marthe Richard imposant la fermeture de tous les lieux de prostitution, les maisons closes faisaient partie du quotidien des Parisiens et étaient légion dans les rues de la capitale. Que sont devenus ces lieux symboles du Paris sulfureux et coquin ? On est parti sur les traces de ses établissements les plus emblématiques !

Au plus fort de son activité, Paris comptait près de 200 maisons closes réparties aux quatre coins de la capitale. Lorsque la loi Marthe Richard – du nom de l’ancienne prostituée qui a déposé le projet – a été votée en avril 1946, la plupart de ces établissements ont tout simplement été revendus et leurs collections de décorations et mobiliers vendus aux enchères. Il ne reste donc plus grand-chose de ce passé sulfureux qui a forgé une partie de la réputation de Paris… et on le comprend vite en arrivant devant le numéro 12 de la rue Chabanais dans le 2e arrondissement.

Situé à cette adresse de 1878 à 1946, Le Chabanais a été l’établissement le plus emblématique de la capitale pendant près de 70 ans. Arrière-cour des élites mondiales, ce lieu a vu passer les plus grands noms de l’époque, du Prince Édouard VII à Salvador Dalí en passant par Maupassant. L’ensemble des décors et mobiliers de la maison close a été vendu aux enchères dans les années 1950 et il ne reste aujourd’hui plus aucune trace visible sur la façade. Idem pour La Fleur Blanche, l’autre grande maison de passe du centre de Paris qui était située au 6 rue des Moulins dans le 1er arrondissement. L’établissement avait notamment été dépeint par Toulouse-Lautrec à de nombreuses reprises, comme ici dans son Salon de la rue des Moulins :

Toulouse Lautrec – Salon de la rue des Moulins (1894) © Domaine public / Wikicommons

L’avenir a été plus radieux pour la maison close Aux Belles Poules, située au 32 rue Blondel (2e arrondissement). Réputé pour ses mosaïques et ses fresques aussi sublimes qu’osées, l’établissement n’a rien perdu de sa superbe : son décor est resté et a même été récemment rénové ! Il s’agit désormais d’un lieu dédié à accueillir des événements et des réceptions privées. Pour replonger dans l’ambiance sulfureuse de la Belle Époque et des Années folles, c’est donc ici qu’il faut aller !

Autre rive et autre ambiance du côté de l’ancienne maison close Chez Alys, au 15 rue Saint-Sulpice, dans le 6e arrondissement. Si l’édifice n’est plus du tout un lieu de plaisir (à part si l’on prend plaisir à aller chez le médecin !), il a conservé quelques vestiges de cette époque débridée : en jetant un oeil sur le sol en mosaïque de l’entrée, vous y verrez le nom de l’ancienne tenancière du lieu, la fameuse Alys !

Finalement, la maison close qui possède le plus de vestiges visibles depuis la rue reste Chez Christiane, une autre maison de passe dont le nom vient de sa tenancière. Cette dernière se trouve au 9 rue de Navarin, dans le 9e arrondissement. Le lieu spécialisé dans le sadomasochisme a conservé sa façade néo-gothique reconnaissable entre mille : en voyant les fenêtres en ogive et l’apparence typiquement médiévale de la façade, on imagine parfaitement les salles de torture qui se trouvaient là à l’époque !

C.R

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